La gestion des émotions comme parent

La gestion des émotions comme parents : quand on devient émotif avec l’enfant

 

On parle beaucoup de la gestion des émotions quand on s’intéresse au développement des tout-petits. En parle-t-on autant lorsqu’on s’adresse aux parents ? C’est pourtant un défi pour les adultes également.

En effet, la gestion des émotions comme parents ou comme adulte peut être un véritable tour de force de garder son calme lorsqu’un enfant vit une émotion intense. Certains parents sont plus patients que d’autres et certains deviennent plus rapidement irrités par les pleurs, le chignage de l’enfant. Vous savez, le lirage de l’enfant qui fait des demandes en étirant les syllabes, d’une voix aiguë et avec un vocabulaire pas toujours clair :  « Je veeeuuuuuxxxx deeeees biiiiiii-sssss-ccuiii-uiiiii-uiiiits».

Ça, des fois, ça peut VRAIMENT venir nous chercher comme parents et adultes dans NOS propres émotions …

Par ailleurs, si on a un niveau de patience qui est moins élevé, il se peut bien que cela nous fasse prendre les nerfs. Non ?

De ce fait, cela n’est PAS anormal. Surtout, lorsqu’on vit cela comme un pattern répétitif et récurrent chaque jour. Il y a des enfants qui s’expriment plus en chignant que d’autres. Il y a des enfants plus intenses que d’autres, qui sont plus irritables, plus colériques. Des enfants qui vont faire des crises au retour de la garderie pour se décharger de toute la stimulation cognitive et émotive de la journée.

 

Prendre un moment de recul

 

Ceci dit, est-ce qu’on a le droit comme parent de se retirer pour gérer nos émotions ?

Lorsqu’on adopte des pratiques parentales qui sont positives et bienveillantes, on sait évidemment que notre rôle est d’accompagner l’enfant dans l’émotion qu’il vit, que cette dernière doit être reconnue et que notre aide lui est nécessaire pour gérer cette intensité.

Mais…

Si on devient irritable et en colère soi-même, c’est évident que l’on ne sera pas très aidant pour accompagner l’enfant. Dire à l’enfant « est-ce que tu voudrais un câlin », « je sais que tu es en colère, est-ce que tu veux que je t’aide », c’est difficile quand on a les dents serrées d’émotivité et d’impatience. De toute façon, cela ne fonctionnera pas et votre enfant refusera systématiquement votre présence pour l’aider à s’apaiser et faire descendre l’émotion. La gestion des émotions comme parent ou comme adulte demeure donc partie prenante du développement de l’autorégulation chez l’enfant.

Alors OUI, on a le DROIT de dire à l’enfant : « Je vais sortir, je suis en colère, je reviens.»

En ce sens, les parents me disent parfois avoir l’impression d’abandonner s’ils sortent pour faciliter leur gestion des émotions alors leur tout-petit est en crise. Je comprends. Mais l’idée, c’est de REVENIR. On ne le laisse pas l’enfant pleureur tout seul pendant 30 minutes. Si on est sur le point de prendre les nerfs et de lui crier d’arrêter de pleurer… ça ne fonctionnera pas plus. Au lieu de l’aider, on augmentera plutôt la tension et le stress dans l’ensemble de la maison et rendra irritable le reste des membres de la famille.

Donc on se retire. On dit à l’enfant : « Maman est en colère, je dois sortir, je vais t’aider dans quelques minutes, je REVIENS.»

 

Être un modèle pour l’enfant

 

Ce qu’on enseigne alors à l’enfant, c’est qu’il est tout à fait adéquat de prendre un moment de recul lorsqu’on a besoin de faciliter notre gestion des émotions.  Les tout-petits n’ont généralement pas ce réflexe.  En grandissant, vers 7-8 ans, cet enseignement l’incitera à se retirer, d’aller par lui-même dans sa chambre ou dans un espace de retour au calme le temps que l’émotion s’apaise. Il prendra un moment de recul avant de taper son frère ou sa sœur.

Somme toute, lorsqu’on agit de cette façon comme adulte, on devient un modèle de gestion des émotions et on encourage l’enfant à reproduire ce comportement adéquat.

Néanmoins, l’important, c’est de rassurer l’enfant et de lui dire qu’on va REVENIR. Parfois, l’enfant panique. S’il vit une émotion intense et qu’il a besoin de nous, il se pourrait si on se retire qu’il hurle encore plus fort en venant à nos trousses.

Il est donc primordial de lui dire qu’on revient. « Maman sort un instant, je suis en colère, je REVIENS. »

Nous sommes un modèle pour nos enfants et c’est ainsi que nous leur enseignons la saine gestion des émotions.

 

Voyez aussi la vidéo sur le sujet sur ma chaîne YouTube : https://youtu.be/yBMVuau9VOk ou dans la section vidéo de mon blogue. 

 

 

 

 

Crédit photo : Affaires photo créé par jcomp – fr.freepik.com

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