16 ans.

C’est l’âge où mes hormones ont commencé à fourmiller dans mon corps. J’ai commencé à jeter un regard différent sur les rondeurs de la femme enceinte et à sentir mon cœur battre plus fort à la vue d’un nouveau-né. J’ai alors ressenti, au plus profond de mon être, ce qu’on appelle l’instinct maternel. Cet appel est devenu immensément fort en moi. Dès lors, j’ai su que ma vie devait se tracer pour faire place à la maternité, inconditionnellement.

Quelques années plus tard, la vie m’a fait cadeau de la maternité, une première fois. Rapidement, mon ventre à peine arrondi, on m’a bombardée de conseils de grossesse, d’histoires d’horreur liées à l’accouchement (c’est tellement plus intéressant à raconter semble-t-il qu’un accouchement sans complications !) et de mises en garde quant au fait que je ne dormirais plus pendant 6 mois une fois bébé arrivé, que l’allaitement est synonyme de gerçures et que ma vie serait changée à tout jamais.

En effet, ma vie a changé …

J’ai d’abord découvert en l’accouchement, des moments d’intensité si grandiose quant à la force immense qui habitait mon corps de femme. Malgré les sensations fortes des contractions qui m’envahissaient, je ne pourrais pas dire que j’ai souffert; la souffrance étant un concept associé à l’état psychologique plutôt qu’aux sensations physiques en soit. Pour ma part, ces souvenirs de naissance étaient si merveilleux. Intenses oui, mais merveilleux. J’ai découvert une force incroyable en moi, un instinct paternel insoupçonné chez mon conjoint, et une admiration sans bornes face au miracle de la vie.

Cette nuit de canicule du mois d’août 2004, ma vie a changé …

Certains diront que je demeure sur « une autre planète » pour aborder l’accouchement avec autant de béatitude. Alors si tel est le cas, je l’assume pleinement : je suis une extra-terrestre et j’adore accoucher ! Après avoir donné naissance trois fois (merci à vie !), je me nourris maintenant des moments que je partage avec les futurs et nouveaux parents. Je vous l’admets, c’est MA drogue !

D’abord intervenante psychosociale dans différents milieux (maison de la famille, centre de réadaptation pour adolescents, CLSC, milieu scolaire, etc) et avec des clientèles aux défis diversifiés (toxicomanie, délinquance, santé mentale, négligence parentale, etc), j’ai ressenti un appel très fort pour la périnatalité dès la naissance de mon premier enfant. J’ignorais à ce moment comment mon cheminement professionnel allait se dessiner mais j’avais la certitude que j’allais accompagner les couples dans cette période charnière qu’est la naissance d’un enfant. J’ai complété une formation en accompagnement à la naissance et j’ai peu à peu commencé à développer un cursus de cours prénataux favorisant l’implication du père et visant à préparer les couples sur le plan psychologique quant à l’arrivée d’un enfant.

Au fil de nombreuses formations continues, d’accouchements mémorables et de grands moments d’intensité partagés avec chacun des couples que j’ai accompagnés, j’ai orienté ma pratique vers une avenue à ce moment peu développé dans mon domaine : la psychoéducation périnatale. Dans le cadre de la maîtrise en psychoéducation à l’Université du Québec à Trois-Rivières, j’ai rédigé un projet d’action visant à soutenir l’établissement de la relation parents-enfant prématuré. Fière d’avoir été la première étudiante du département à traiter du sujet, j’ai su à ce moment que mon parcours professionnel serait peut commun.

Après avoir développé la première société de services périnatals de la Mauricie et du Centre-du-Québec dans le secteur privé en 2011, Cigogne et baluchon fait maintenant son chemin sans moi dans plusieurs régions au Québec et demeure une entreprise dont j’ai été plus que fière d’être cofondatrice.

En 2016, l’engouement de ma communauté Facebook pour mon nouveau mon blogue professionnel, a bouleversé ma carrière. Maintenant conférencière, formatrice et blogueuse, je poursuis mes services de consultation en périnatalité et petite enfance (0-5 ans) à mon bureau de Trois-Rivières ainsi qu’en ligne dans toute la francophonie. Je peux clamer haut et fort à quel point ma pratique me comble de bonheur, de gratitude et de réalisations chaque jour. C’est avec beaucoup de conviction que je poursuis la mission de prôner l’humanisation des naissances et l’éducation positive et bienveillante.

Pour moi comme professionnelle,

l’accouchement c’est beau.

Le conjoint ou la conjointe a un rôle fondamental à jouer lors de la naissance.

Le bébé a besoin d’être dans les bras de ses parents, autant que nécessaire.

Le tout-petit a besoin qu’on lui enseigne les choses, pas qu’on le punisse.

L’enfant se développe dans l’amour et l’affection.

Le parent bienveillant suscite le respect. Le parent autoritaire suscite la peur.

Les règles familiales et l’encadrement favorisent l’harmonie et le sentiment de sécurité.  

Une famille c’est un jardin qu’on cultive tous ensemble, avec des fleurs qui fleurissent parfois plus ou moins selon la saison, et des légumes qui poussent plus ou moins vite que d’autres. Il faut de l’engrais, du soleil et de l’amour pour qu’il puisse croître, et une clôture pour qu’il demeure structuré et qu’il ne s’éparpille pas trop.

Mélanie Bilodeau, M.Sc.
Psychoéducatrice
Consultante en périnatalité et petite enfance